Les Jeunes Pop ne connaissent pas leur histoire*

Les Jeunes Pop ont encore frappé sur le web, laissant aux internautes le soin de se gausser une nouvelle fois d’eux, et à la presse de relayer cette énième boulette de la part de ces militants qui n’ont toujours pas compris que le buzz peut être désastreux, et que la communication à tout prix n’est pas la meilleure des tactiques. Surtout en pleine présidentielle…

Cette fois, les fautifs sont les Jeunes Populaires du Rhône, qui ont réalisé pour leur anniversaire une vidéo, dans laquelle Nora Berra exprime toute sa reconnaissance au mouvement de jeunes de l’UMP, qui l’a épaulée durant toute sa carrière, allant suer sur les marchés pour tracter à sa gloire ou coller des affiches de campagne. Dans cette vidéo kitchissime, la sous-ministre se ridiculise à force d’en faire trop, allant jusqu’à montrer un T-shirt Nora Berra avec les Jeunes Populaires du Rhône. Navrant.

Connaissant très bien l’histoire des Jeunes Populaires, c’est un autre élément qui m’a frappée. Les Jeunes Pop du Rhône ont réalisé cette vidéo pour l’anniversaire de leur mouvement…fêté le 19 octobre. Hum.

L’UMP a été officiellement créée lors du congrès du 17 novembre 2002, et le mouvement des Jeunes Populaires a été fondé le 11 février 2003, lorsque Alain Juppé a nommé Marie Guevenoux secrétaire nationale à la Jeunesse de l’UMP. Les nominations dans les fédérations ont été faites dès les semaines suivantes, et la première réunion des responsables départementaux jeunes – les RDJ – a eu lieu les 23 et 24 mai 2003. Le RDJ du Rhône y était présent. Autrement dit, ils se réunissent pour faire la fête, mais ne sont même pas foutus de savoir quand ils sont réellement nés.

Certes, tout ceci relève du détail. Cependant, j’ai pu remarquer chez les militants UMP présents sur les réseaux sociaux, et notamment chez les Jeunes Populaires, une méconnaissance totale de l’histoire de leur parti :

– Combien de fois ai-je dû rappeler qu’Alain Juppé a été président de l’UMP ? C’est pourtant un élément de taille : sa condamnation dans le procès des emplois fictifs de la ville de Paris a eu pour conséquence son retrait de l’UMP, et c’est ce qui a laissé le champ libre à Nicolas Sarkozy. Qui s’est ensuite fait élire à la présidence du parti majoritaire, et l’a utilisée comme un tremplin pour sa campagne électorale. C’est déjà moins anodin.

– Combien de fois, également, ai-je dû rappeler que l’UMP avait prévu de se doter de courants ? Le 9 mai 2004, le conseil national avait en effet adopté la motion Juppé, qui prévoyait d’instaurer les courants au sein du parti majoritaire. On était loin des scores dignes des républiques bananières enregistrés depuis au sein de l’UMP. Pour que les courants soient institués, il ne restait plus qu’à faire ratifier cette motion par un vote du congrès.

Le congrès suivant, justement, était celui de l’élection de Nicolas Sarkozy. Techniquement, il était simple à organiser. Politiquement, cela aurait été symbolique que de le réaliser le même jour. Seulement, Sarkozy ne voulait surtout pas des courants. Mais bien une UMP totalement dédiée à sa personne, et dont les différentes tendances n’auraient pas voix au chapitre.

On a vu ce que cela a donné : sept ans plus tard, l’UMP est au bord de l’implosion, faute d’avoir su gérer sa diversité. La faute à qui ? Connaître l’historique permet de répondre à la question, au lieu de jouer bêtement les pom-pom girls du fossoyeur de l’UMP…

Tout ceci a son importance, car cela explique l’évolution de la droite, mais préfigure également ce que sera la bataille de 2012, qui suivra l’élection présidentielle. En effet, que Sarko soit réélu ou pas, il ne pourra plus être candidat. Dès lors, s’engagera la bataille pour lui succéder. Et cela se passera d’abord au sein de l’UMP. Plusieurs cas de figure sont possibles, à partir de deux uniques options :

1. Sarkozy remporte l’élection. Dans ce cas, l’UMP reste sur le même fonctionnement, à savoir que tant que le président en titre de l’UMP est président de la République, il n’est pas remplacé. C’est stupide, mais c’est ainsi. Cela permet à Sarkozy de conserver la mainmise sur le parti, le secrétaire général étant nommé par lui. Pourquoi ce choix, juridiquement inscrit par la réforme des statuts de 2007 ? Tout simplement parce que Sarkozy ne souhaite pas que l’UMP lui fasse défaut… et que lui arrive ce que lui a fait à Chirac entre 2005 et 2007, à savoir désolidariser complètement le parti du Président de la République et du gouvernement.

2. Sarkozy perd l’élection, et l’UMP procède à des élections internes pour élire un nouveau président. Et là, de très nombreux cas sont possibles.

– D’une part, certains peuvent être tentés de se présenter, pour faire une sorte de primaire, celui qui remporte le parti devenant chef de file de la minorité parlementaire, tout en restant aisément positionné pour la présidentielle de 2017. C’est le pari qu’ont déjà en tête certains, mais c’est un peu crétin. En effet, si Sarko perd, l’UMP sera en lambeaux, et devra se reconstruire au lieu d’entrer dans une nouvelle guerre.

– Il existe donc une autre option. Une perspective évidente pour quiconque connaît l’histoire du parti. Ce cas de figure porte un nom : Alain Juppé. À l’heure où le parti aura besoin de se reconstruire, et d’assainir les choses en interne, il faudra un rassembleur, mais surtout, un politique d’envergure qui sera dans une logique d’intérêt du parti et non d’intérêt personnel.

Sous la réserve importante qu’il en ait l’envie, qui de mieux placé qu’Alain Juppé, président fondateur de l’UMP, qui s’est toujours tenu à l’écart des querelles de personne, et a toujours été loyal au mouvement qu’il a créé ? Qui de plus compétent pour ramener au sein du parti les militants chiraquiens, les radicaux, et une partie des centristes qui ont déserté sous l’ère Sarkozy, et rassembler la famille ?

Personne mieux que lui ne fera l’unanimité. Et ce serait un beau symbole, dix ans après la création de l’UMP.

Pour comprendre ces perspectives, et mieux appréhender les enjeux qui attendent l’UMP, il est donc nécessaire d’en maîtriser l’historique, au moins dans les grandes lignes. Il est dommage que ses propres militants ne s’y intéressent pas. Et se réduisent alors eux-mêmes au statut de pom-pom girls, faute d’être capable de porter un regard critique sur l’évolution de leur parti.

Triste constat que de voir ce parti se limiter à un ersatz du Club Dorothée. Ou de la difficulté de faire des militants des observateurs éclairés de la vie politique…

*Article publié sur Le Plus du Nouvel Obs à cette adresse

Comment Girardin a plombé République Solidaire

Comme je vous le disais hier, République Solidaire se trouve en pleine tempête, et nombreux sont les articles de presse à s’en faire l’écho.

Le parti politique de Dominique de Villepin pourrait pourtant, quelques jours après la fin de l’épreuve Clearstream, et la relaxe de l’ancien Premier Ministre, être en joie, et penser sérieusement à la présidentielle. Sauf qu’en interne, tout le monde a la gueule de bois.

La raison ? Personne ne croit qu’une campagne puisse être gérée par l’équipe actuelle, menée par Brigitte Girardin. L’ancienne ministre a en effet accumulé trop d’échecs et fonctionne selon un système trop clivant pour permettre à République Solidaire de remonter la pente. L’occasion pour moi de revenir sur ces deux années dans les coulisses du villepinisme, et de vous livrer par le menu quelques éléments sur les échecs de cette structure.

1 – Les adhérents

Il n’y a pas 30 000 adhérents au sein de République Solidaire, c’est une certitude. Déjà, parce que selon les sources, le chiffre oscille entre 20 000 et 30 000. Ca fait quand même un delta d’un tiers… Mais surtout, parce que chiffre totalement fantaisiste résulte d’un obscur et complexe théorème, alliant addition et multiplication.

En premier lieu, il faut d’abord additionner toutes les catégories de contacts : adhérents à jour de cotisation, personnes ayant un jour adhéré au Club Villepin ou à République Solidaire mais n’étant plus à jour de cotisation, sympathisants, membres du réseau social VillepinCom actifs, personnes s’étant un jour inscrites sur VillepinCom y compris celles qui se sont radiées –j’ai reçu cette semaine un message via VillepinCom alors que j’en suis désinscrite depuis plus d’un an, ce qui démontre qu’ils ont conservé mon compte et qu’il est donc comptabilisé-, soutiens sur Facebook ou Twitter. Evidemment cette addition est fausse, certains étant des doublons, triplons, quadruplons…

Ensuite, il convient de donner ce chiffre à quelques personnes en interne, qui vont le trouver un peu faible, et le faire grossir au gré de leur inspiration. Tous les partis fonctionnent ainsi, rappelez vous des différences à l’UMP entre les chiffres annoncés par Xavier Bertrand, et ceux annoncés par d’autres !

En ce qui concerne République Solidaire, le nombre d’adhérents est non seulement très fortement inférieur à cette annonce, mais en plus, il décroit au lieu d’augmenter : en 2011, beaucoup d’adhérents n’ont pas renouvelé (43% sur ma fédération), et le stock de nouveau adhérents n’a pas permis de compenser cette hémorragie.

Cependant, un chiffre intéressant tempère ce constat à priori négatif. Sur ma fédération, seuls 3,4% des contacts se sont désinscrits de liste d’information de cette fédération, qui pourtant les contactaient très régulièrement, ce qui aurait pu agacer les personnes franchement dégoûtées. Ces gens souhaitent donc toujours être informés. Au cas où. Le réservoir est donc bien là : ces gens ne sont pas convaincus par la structuration de République Solidaire, mais restent intéressés par Villepin. Et pourraient naturellement revenir vers lui s’il venait à se présenter. Rien n’est perdu !

2 – Les meetings

Depuis le lancement du Club Villepin, les troupes ont été conviées à trois grandes réunions : le 27 octobre 2009 à la Maison de l’Amérique Latine, le 19 juin 2010 pour le lancement de République Solidaire, et le 19 juin 2011 pour le premier anniversaire du parti. J’exclus volontairement le conseil national du 4 décembre 2010, qui était réservé aux cadres, et le Forum des Jeunes Solidaires du 25 septembre 2010, qui visait les jeunes.

Voyons un peu les chiffres de mobilisation :

Il serait un peu rapide -et faux- d’attribuer le nombre de personnes venant à un meeting à l’intérêt porté à Dominique de Villepin. Tout meeting nécessite une préparation, et la mobilisation obéit à quelques techniques. Malheureusement, l’équipe de Brigitte Girardin ne les maîtrise pas… faute d’avoir le background nécessaire en logistique politique. Ainsi, on peut précisément expliquer chacun de ces chiffres.

27 octobre 2010 : cette réunion publique est programmée à l’issue du procès Clearstream, et vise à l’origine une mobilisation de 500 personnes.

La vague de sympathie dont bénéficie alors Dominique de Villepin, déclaré « coupable » par le Président de la République trois semaines plus tôt, permet un formidable appel d’air. L’objectif initial est donc plus que doublé.

Tellement que Dominique de Villepin, qui s’exprime dans la salle du haut, dans laquelle se tassent 600 personnes, doit descendre refaire son discours dans les jardins pour les malheureux qui n’ont pu y pénétrer. C’est donc un très large succès et si le score annoncé est inférieur au réel, c’est tout simplement parce que les gens en charge de compter et ceux qui ont annoncé n’ont pu se retrouver dans la foule pour échanger ces données.

19 juin 2010 : le staff de Villepin évoque imprudemment un objectif de 10 000 personnes, qui figure même dans la version du discours de Brigitte Girardin distribué à la presse ! Seul le prononcé fait foi, elle ramène le chiffre à 6000.

La vérité, c’est que l’objectif a toujours été de 3000 personnes. D’autant que République Solidaire, faute de moyens, ne met pas en place de transports spéciaux, et que chacun doit payer son transport plein pot pour se rendre à Paris. Contrairement aux facilités d’autres partis… ce qui tempère un peu la mobilisation. Et le mois de juin, riche en communions et mariages, n’est guère propice non plus. Tous ces éléments, donc, indique qu’on peut parier sur le double du score de l’Amérique Latine, et ce serait déjà bien.

Seul Christophe Carignano, qui n’a jamais travaillé ni sur des meetings ni à la mobilisation au sein d’une fédération, se laisse aller à prendre ses désirs pour des réalités. Sur la base de rien –il n’a strictement aucune connaissance en la matière- mais hélas, le staff l’écoute, aussi la mobilisation sera en dessous des 8000 à 10000 que Carignano estimait et a soufflé à l’oreille de Villepin. Pourtant, pour les professionnels, c’était un bon résultat : 3 fois le score du précédent meeting ! Déjà pointe en interne la division entre les amateurs et les pros…

19 juin 2011 : pour son anniversaire, République Solidaire invite, dès la présentation du projet, ses adhérents –et uniquement eux- à une Convention Nationale, prévue au Palais des Congrès. Fin mai, le lieu change… mais les cadres n’en sont pas informés. Il faudra que notre fédération use d’un médiateur pour faire passer le message, et que l’information soit diffusée aux adhérents et notamment à ceux qui s’étaient inscrits !

Et la cacophonie ne va pas s’arrêter là. Les inscriptions sont enregistrées directement au centre national, et aucun point n’est fait auprès des fédérations… qui ne peuvent donc mobiliser ou relancer leurs adhérents, faute de savoir qui s’est déjà ou non inscrit. Mais surtout, le siège ne fait aucune relance, ce qui est une erreur fatale : les gens qui se sont inscrits dès le 14 avril ont eu largement le temps d’oublier la date de ce meeting, et la faible couverture presse ne permet pas de leur rappeler.

Dernier point ubuesque : la semaine même du meeting, trouvant la mobilisation un peu faible, le siège décide de convier également les non adhérents. Imaginez un peu la réaction de ces gens, conviés à venir jouer les bouche-trous, et prévenus un peu tardivement pour s’organiser.

Peu étonnant, dans ces circonstances, que le nombre de personnes présentes ne dépasse pas les 300… Si vous en doutez, amusez vous à les compter sur la photo ci-dessus. Quand on sait que dans la presse, République Solidaire utilisera le prétexte d’une réunion réservée aux cadres pour justifier de cette très faible mobilisation, il y a franchement de quoi rire… jaune.

Ou comment il est complètement évident que l’équipe actuelle de République Solidaire n’est absolument pas en mesure d’organiser une campagne électorale. Les meetings et la mobilisation, c’est une partie importante : celle de la bataille de l’image…

3 – Le militantisme

Autre point, le plus (in)visible dans la population, l’action militante. Si les fédérations réunissent leurs adhérents, elles n’ont disposé de matériel militant… qu’en mai dernier. Et ce au terme d’une longue bataille. Brigitte Girardin, dans un premier temps, n’en voyait pas l’utilité. C’est sûr que faire connaître un nouveau parti à la population en mettant des gens sur les marchés, pour installer la marque, c’est une idée vraiment stupide.

Des cadres, qui n’ont rien lâché, on finit par faire valider un tract… avant de se prendre une bonne douche froide : il fut édité à 800 exemplaires, pour distribution lors du conseil national du 4 décembre 2010.

Il était donc destiné… à faire connaître République Solidaire à ceux qui y occupaient déjà des responsabilités. Sic. Le même jour, la lettre d’informations du parti était également distribuée aux participants, alors qu’il l’avaient tous reçue par mail. Elle faisait 10 pages… Il aurait donc été possible de tirer plus de tracts. Mais comprenez : les cadres avaient le tracts sur clef usb ! Pour l’éditer eux-mêmes ?

Au fil des mois, le trésorier a engrangé les devis envoyés par les responsables des fédérations pour faire éditer ces tracts. En bon gestionnaire, il a vite compris qu’il pouvait réaliser d’énormes économies d’échelle en les imprimant au national. Cinq mois pour en arriver à cette évidence, tant Girardin ne voulait en entendre parler. Pathétique… C’est donc en mai que chacun a pu passer sa commande, et démarrer les tractages en juin. Un an après la création du parti. Un an de perdu, juste parce que la Secrétaire Générale n’a pas la moindre idée de l’utilité d’un tract. Et ça veut mener une campagne présidentielle…

4 – Le fonctionnement interne

Dès le Club Villepin, le mouvement avait commencé à se structurer, par la nomination de responsables départementaux. République Solidaire s’est fondée sur un schéma un peu différent. D’emblée, Carignano a réussi à imposer, en plus du responsable départemental, un responsable du réseau social. Pour que sa petite manipulation –la constitution d’un réseau parallèle de fédérations- soit un peu moins visible, ils ont ajouté un responsable de la Mobilisation Citoyenne. Enfin, le traditionnel responsable Jeunes venait compléter ce tableau. Chaque département n’avait donc pas une mais quatre têtes. Et aucun vrai patron, les lettres de mission des uns et des autres montrant clairement qu’ils se marchaient les uns sur les autres. Toutes les conditions du chaos étaient réunies.

Hélas pour Carignano, sa petite manipulation pour se créer un système à sa botte n’a pas fonctionné. Multiplier les cadres est une chose, disposer des talents nécessaires en est une autre. Les responsables départementaux se sont montrés vigilants, et ont globalement travaillé en équipe, en prenant le lead sur leurs trois coéquipiers. Et dans les quelques endroits où les choses se passaient mal, le réseau social a un peu montré les dents… puis trépassé. Reste que cet épisode montre bien la mentalité des dirigeants de République Solidaire : diviser, pour mieux régner.

Il aurait pourtant été simple –et nécessaire, mais bon- de préciser les fonctions par la rédaction d’un Règlement Intérieur, qui aurait servi de référence et permis d’éviter ces désagréments. Du coup, pour la blague, aucun règlement intérieur n’existant, il est juridiquement exact d’affirmer qu’aucun de ces cadres n’a d’existence réelle. Ni donc, de responsabilités. Et si je vous dis qu’un projet leur a été transmis en mai ? Seraient-ils incapables de le lire, le comprendre, et éventuellement l’amender ?

Ces cadres, d’ailleurs, font un travail formidable. Oh, on pourra toujours trouver des moins bons dans le lot, ou des détracteurs dans leurs équipes départementales. Reste qu’ils ont le mérite d’essayer de faire tourner leur boutique, bien qu’étant totalement seuls, et sans aucun soutien. Depuis la création de République Solidaire, les seuls mails qu’ils ont reçu ont été des injonctions de Brigitte Girardin : pistolet sur la tempe pour récupérer des signatures pour la présidentielle ou mettre à jour leur page web sur le site officiel. A l’exception près des fichiers, envoyés, eux, chaque mois. Mais à part ça, aucune information, aucun élément de langage, aucune formation à la fonction. Une seule réunion des cadres a eu lieu… le 1er mai. Un échange verrouillé, destiné à appliquer la méthode Coué : je vais bien, tout va bien…

Un discours bien loin de la réalité. Si elle ne communiquait pas avec les cadres, Brigitte Girardin attendait cependant d’eux bien plus que la situation du parti ne leur permettait de faire, et n’hésitait pas à parler d’eux en termes insultants, les traitant tous de connards incapables. Au fil des mois, bon nombre d’entre eux ont jeté l’éponge. Parfois en usant un prétexte pour éviter l’affrontement, d’autres fois en claquant franchement la porte, à l’instar de ce responsable de Lyon qui n’en pouvait plus de tant d’amateurisme.

Et des cadres laissés à l’abandon, sans aucune directive, ça fait parfois des couacs. Notamment chez les Jeunes, totalement abandonnés. Déjà en juillet, les Jeunes Solidaires de Paris nous avaient bien fait rire avec leur fiche technique à la gloire de Brigitte Girardin, qui contenait un lapsus fort révélateur : dans le paragraphe sur ses activités ministérielles, « elle explique »… rien. Aucune phrase ne vient poursuivre sur cette lancée. Une bévue qui fait sourire : les Jeunes Solidaires de Paris sont dans le vrai, à leur insu.

Rebelote le 11 septembre, avec la publication d’une fiche du même type sur Jacques Le Guen, présenté comme un soutien de Villepin. Ce alors qu’en juin, le député du Finistère avait annoncé voter pour Sarkozy au premier tour en 2012. S’ils avaient eu un peu de background politique, ces jeunes auraient compris que Jacques Le Guen n’était encore membre du Bureau Politique de République Solidaire que dans l’attente du verdict de Clearstream, afin de ne pas abandonner son ami Dominique au creux de la vague. Là encore, rien de bien méchant.

Pauvres cadres livrés à eux mêmes… On ne peut que leur pardonner ces petites erreurs, lorsqu’on sait qu’ils sont seuls et sans formation. Mais pointer fermement les manquements de Brigitte Girardin en la matière, car en tant que Secrétaire Générale, elle porte la responsabilité de cette absence de niveau politique, de formation, et de sens de la communication.

Enfin, pour terminer, République Solidaire n’a pas su gérer l’après 14 septembre. Ni les cadres, ni les militants n’ont reçu d’argumentaires flashs, type élément de langage, pour se préparer à répondre sur le jugement de Clearstream. Aucun message concernant l’avenir n’a été envoyé, si ce n’est une énième relance pour faire rentrer de l’argent. Pire, les derniers fichiers reçus par les fédérations remontent au 5 juillet. A croire que la rentrée s’est faite en mode fantôme…

5 – Une analyse politique, euh… WTF ???

République Solidaire n’aura pas montré un grand sens politique, rejetant les rumeurs de collusion avec Nicolas Sarkozy –en raison des rencontres entre les deux hommes- à grand coups de burin bayrouesque, ce qui n’aura pas manqué d’étonner.

Mais surtout, ce qui a stupéfié en interne, c’est le tweet anti chiraquien de Christophe Carignano, le 10 septembre dernier. Ce texte laisse ni plus ni moins entendre que Chirac serait, pour Villepin, aussi nuisible que Sarkozy.

Surprenant que ce message soit encore en ligne… Est-ce la ligne de République Solidaire ? Ou tout le monde peut il écrire tout et n’importe quoi au nom du mouvement, sans aucun contrôle ???

Girardin, ou l’incompétence politique faite femme. Une triste réalité qui pourrait barrer la route de la présidentielle à Dominique de Villepin… à moins qu’il ne se décide enfin à se séparer de celle qui l’entraîne au fond du gouffre.  Désormais chacun le sait : la campagne sera sans elle, ou ne sera pas.

Questionnaire de l’UMP : crash test ou leurre ?

Comme le décrit si bien le polar politique Dans L’Ombre, brillamment écrit par deux ex-apparatchiks, il est essentiel de considérer la vie politique est un métier : à tous les échelons de la vie politique œuvrent des professionnels expérimentés, qui appliquent des techniques identiques quel que soit le positionnement de leur formation sur l’échiquier politique.

Les partis politiques, quant à eux, organisent la ligne à tenir, et la mise en application de la méthodologie en fonction des objectifs souhaités : vie militante, recrutement des adhérents, formation, élections, meetings… Les schémas de fonctionnement d’un parti sont, dans les grandes lignes, similaires pour toutes les formations politiques. L’objectif reste le même pour tous : recruter des adhérents, les rendre visibles, et les conserver. Les moyens d’y parvenir ne varient qu’à la marge, c’est la touche marketing qui vient personnaliser une base pourtant identique pour toutes les formations.

Lorsqu’un parti perd des adhérents, ou ne parvient plus à les mobiliser, il peut être intéressant d’en chercher la cause, notamment à l’aube d’élections majeures, afin d’être en mesure d’apporter une réponse permettant de remobiliser les troupes. Naturellement, le contexte politique est un bon indicateurs, et l’analyse des apparatchiks indispensable. L’UMP, en perte de vitesse, en partie en raison de sa dérive droitière qui a déplacé son centre de gravité sur sa droite, et peine à se représenter comme le parti majoritaire comme l’union de la droite et du centre, a choisi de consulter ses militants, via un questionnaire de satisfaction. C’est, d’un point de vue strictement technique, extrêmement intelligent.

Toute la première partie de cette consultation porte sur le service apporté par le parti : accueil, formation, contacts avec le siège national et les cadres, qualité des réponses, … S’il est peu probable que les résultats permettent vraiment de produire des modifications méthodologiques applicables avant la présidentielle –ils seront rendus publics lors des universités d’été début septembre-, ils donneront au moins l’impression aux militants d’avoir pu s’exprimer, et au parti d’envisager quelques rustines visibles dans les process utilisés en interne.

L’UMP applique là une des techniques de base : cajoler les militants, surtout en période de gros temps, afin de limiter les divisions internes et de rassembler autour de l’objectif commun que constituent les élections à venir, tout en laissant la possibilité aux adhérents de se livrer à la critique du parti. D’autres formations politiques, plus petites, n’ont toujours pas compris qu’il vaut mieux parfois organiser l’expression interne, plutôt que de laisser court à la colère des adhérents, qui finit immanquablement par se retrouver sur la place publique.

Au-delà de la câlinothérapie, ce questionnaire permettra en partie d’affiner le projet 2012, en recensant les priorités thématiques des adhérents. Mais surtout, grâce à une cartographie précise des adhérents dont le parti dispose –famille, avis sur les grands sujets, historique d’adhésion avant et dans l’UMP, raison du départ- ces résultats constitueront à n’en pas douter une belle base de travail pour l’après Sarkozy, nouvelle ère politique qui débutera, que le président de la République gagne ou perde l’élection, au lendemain du second tour.

Autant dire que cette consultation peut se révéler très utile pour reconstruire la Droite d’après… sous réserve toutefois qu’un nombre représentatif d’adhérents y participe, et que les résultats soient publiés en interne dans leur intégralité. Ce qui, au sein d’un parti, n’est jamais gagné…

Nous partîmes 4000, nous arrivâmes 300

Dimanche 19 juin, convention nationale de République Solidaire, un an après la création du parti. En plein doute sur mon engagement du fait d’une organisation bancale, je ne m’y rends pas. Mais fidèle à Villepin, l’homme politique, je branche LCP pour suivre son discours. Et là, c’est le drame.

Dès le début, le ton est donné : « cette campagne, je la sens bien ». Ah bon ? A 2% dans les sondages, Villepin la sent bien ? Je m’étrangle, mais en même temps, aurait-il pu dire le contraire ? Je passe donc cette première erreur, regrettant toutefois ces mots qui me démotivent alors que l’objectif est inverse. Et peste contre cette référence à Nicolas Sarkozy : on ne fait pas campagne contre un autre, mais pour la France !

S’ensuit une longue victimisation sur le sort qui lui est réservé : « Si on avait pu rouvrir Cayenne pour moi, je crois qu’ils l’auraient fait ». Diantre, pas moins ! Je vois un homme blessé exhiber ses douleurs, et un sentiment de malaise m’envahit. Je vois un anti Chirac – « Qui se souvient de 1995 ? »-, Chirac qui justement ne s’appesantissait pas sur ses échecs, préférant toujours être tourné vers l’avenir. Je tombe de haut. A-t-il oublié qu’il souhaite accéder à la magistrature suprême ?

Vient enfin le temps du programme. Les propositions sont récitées, au milieu de moultes formules pseudo-poétiques qui rendent le discours illisible. On a l’impression qu’il plane. L’homme semble ailleurs. Comme absent de son propre discours. Crash en flammes…

Lorsque vient la fin du discours, j’ai la sensation de revivre l’explosion de la navette spatiale Challenger. On y croyait tous, on avait le bon matériel, et puis un joint a lâché et pffffiou, le magnifique oiseau s’est désintégré, sous les yeux de spectateurs incrédules. Aujourd’hui, je suis la spectatrice incrédule.

O rage ô désespoir ô amateurisme ennemi
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

Pourtant, je n’en veux pas à l’homme d’avoir raté l’exercice. Face à un auditoire clairsemé de 300 à 500 personnes selon les sources (300 selon les photos publiées sur le Facebook de République Solidaire, il suffit de compter le nombre de chaises positionnées et les gens debout) –en raison de la fête des pères selon une bénévole (sic !)– je ne peux que comprendre qu’il ne soit parvenu à se transcender.

  • Comment peut on avoir si mal organisé la mobilisation qu’il ait subi l’affront d’une salle vide ?
  • Comment peut on l’avoir mis face à un pupitre dont la forme évoquait, c’est selon, un cercueil, ou la proue du Titanic ?
  • Comment peut on lui avoir conseillé de tenir ce meeting, alors qu’il n’a apporté aucun élément nouveau ?
  • Comment peut on le traiter ainsi ?

Dépitée, j’appelle donc à la révolution des esprits autour de lui, et à la résistance contre ceux qui l’entourent, condition sine qua non pour lui permettre de prendre enfin son envol. On ne gère pas une campagne comme l’amicale des boulistes du coin. On ne met pas un moteur de 2CV dans une Formule 1. Villepin mérite mieux, alors un peu d’ambition que diable ! Faute de quoi…

UMP : y’a-t-il un pilote dans l’avion ?

Vous rêviez ou craigniez -c’est selon- que l’UMP se prenne les pieds dans le tapis ? La Majorité présidentielle l’a fait. Petit tour de piste de cette journée de la loose en six numéros du plus grand chapiteau politique de France !

1 – Les clowns

500 heures de travail et 250 militants-figurants (ce qui est un pléonasme dans l’UMP actuelle…) voilà ce qu’il a fallu aux jeunes de l’UMP pour réaliser leur lip dub, que pour les besoins de cette note, nous rebaptiserons à son juste nom : lip daube. Et encore, c’est méchant pour la daube.

Selon Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires, des messages se cachent sous cette réalisation fort grasse… Prévenez tout de même le réalisateur que la première chose qu’on apprend en cinéma, c’est de ne surtout pas souligner le texte à l’image. Ainsi, quand on parle des racines, on ne met pas une plante. Ou quand on parle de fécondité, on ne met pas une femme enceinte. Ben lui, il l’a fait. Pendant 4m15. Lourd !!!

Entre deux images de plomb, on a tout de même eu droit à quelques pépites. Et je ne parle pas de la choré faite par les ministres, qui pourtant vaut son pesant de cahuètes. Nan, je parle de messages subliminaux compris par… personne je pense.

1 – Il faut intégrer les handicapés -le clip démarre par une bande de potes, dont un handicapé- mais pas se les trimballer partout -les jeunes montent dans le train… pas l’handicapé, qui reste à quai. Trop sympa les jeunes pops !

2 – L’UMP c’est miraculeux, la preuve, les aveugles peuvent conduire !!! En voiture Gilbert !! Pour la petite histoire, sachez tout de même que Gilbert Montagné conduit réellement, mais pas sur route, évidemment, sur une piste spécialement aménagée pour que les aveugles fassent des courses de tuture.

3 – Pour changer de société, il faut la détruire, comme un jeune militant le souligne en battant la mesure avec son marteau. Aïe, petit problème. En 2004, lors des régionales, ces mêmes Jeunes Populaires (enfin ceux qui les ont précédés) avaient sorti un tract intitulé « Ils veulent tout détruire… Nous voulons construire », s’attaquant aux extrêmistes de gauche comme de droite qui n’ont pour seul projet que de vouloir détruire la société.

4 – Frédéric Lefèbvre aime la liberté -en play backant le mot « liberté », Frédo fait un petit coeur avec ses mimines. What the fuck ?????

Bref, vous l’aurez compris, ce clip est déjà cultissime, mais j’ai gardé le meilleur pour la fin : il s’agit d’une campagne d’adhésion… Alors si vous êtes niaiseux, rejoignez l’UMP !!!

2 – Les Illusionnistes

Jeunes Populaires, encore eux : ces truffes ont piraté le morceau de la Star Ac Québécoise… Ah là là, c’est le gang des Frédos (Lefebvre et Mitterand) qui vont pas être contents, ces jeunes ne respectent rien, pas même le droit d’auteur !

Ils avaient bien demandé l’autorisation, mais elle leur a été refusée… et ils se sont complètement assis dessus. Quand on a le super power sarkozyste, rien à foutre des caribous !!!

Remarquez, ils ont un bon exemple : Frédo, chantre de la loi Hadopi, honni par les internautes pour ses prises de position liberticides, est un gros pillard qui ne respecte absolument pas le droit d’auteur ! Pour preuve, il reprend intégralement l’article d’un autre auteur, alors que pour cela, il devrait disposer d’une autorisation… ou se contenter de le citer, entre guillemets et avec mention de la source. Frédo, je te vois…

Dans la catégorie Faites ce que je vote, pas ce que je fais, Frédo et les Jeunes Pop sont de bons exemples ! Bon, et bien puisque c’est comme ça, moi, je n’en ai rien à foutre d’Hadopi. Na !

3 – L’équilibriste

14 décembre 2009, Elysée. Conférence de presse sur le grand emprunt. Au hasard d’une question de journaliste, Nicolas Sarkozy répond sur la liste des 3000 évadés fiscaux de Woerth, dont une des sources serait la liste volée chez HSBC.

Attention les yeux : « La lutte contre la fraude fiscale, elle est morale. (…) C’est à la justice de dire ce qu’il en est. mais imaginez une administration qui reçoit des renseignements et qui les met à la poubelle. Sans doute, on nous aurait félicité pour notre respect scrupuleux des règles juridiques françaises. » a-t-il ironisé.

Seul petit souci… Clearstream. Le dossier chewing-gum, qui colle, colle, colle… Bah oui, qu’est ce que Clearstream, si ce n’est une liste, concernant des comptes prétendument détenus à l’étranger par des personnalités, et sur laquelle il y aurait eu enquête pour savoir si elle était crédible, puis qui aurait été transmise à la justice ?

Si je me souviens bien, dans ce dossier là, Sarko imaginait tout à fait qu’une administration reçoive des renseignements et les mettent à la poubelle, et ne les vérifient surtout pas. Dans ce temps là, la transmission à la justice, c’était une grosse crasse faite à Sarko, et ça valait d’être pendu à un croc de boucher.

Deux poids, deux mesures… On va se marrer le 28 janvier !

4 – Les clowns, le retour

L’ennui avec l’UMP, c’est qu’au bout d’un moment, les vieilles ficelles finissent par s’user… Après le vrai-faux vote de Jean-François Lamour, qui a expliqué un truc à la tribune de l’Assemblée, a voté en cohérence avec ce qu’il avait dit, avant de dire qu’il s’était trompé dans son vote (parce que son groupe voulait qu’il vote dans l’autre sens), on a encore vu une erreur humaine.

C’était au Sénat, sur le redécoupage électoral. Les communistes ont présenté un amendement visant à supprimer l’unique article du texte de loi, et il a … été adopté, à la surprise générale, par 167 voix contre 156. Oups… Le groupe Nouveau Centre, auteur de ce crime de lèse-majesté, a plaidé l’erreur humaine, ressortant de sa chaussette cette bonne vieille excuse.

Désormais, cette excuse est un acte de rébellion destiné à passer un message aux électeurs : « j’ai voté comme je veux, mais comme je n’ai pas vraiment le droit de faire ce que je veux à cause du chef (de l’Etat) et que je veux garder mon job (mon investiture, déjà), je dis que je ne l’ai pas fait exprès. T’as compris, électeur, que je pense comme toi ? »

Enfin pas sûr que ça marche. Le mieux, c’est encore de voter réellement comme on veut, heureusement ça existe, malheureusement en trop petit nombre !

Résultat des courses, le Gouvernement a demandé un nouveau vote. Mais la présidente de séance (PS, pas de chance !) a refusé, au motif qu’il était impossible de revoter sur un texte supprimé… et que de toutes façons, ce texte suivrait son cours.

En effet, dans le pire des cas, le texte repart à l’Assemblée par la procédure de la navette. Mais bon, ça fait perdre du temps, donc ça énerve le Gouvernement. Alors pour vraiment leur montrer qui c’est Raoul, le Gouvernement le Président du Sénat a décidé de faire convoquer une conférence des présidents extraordinaire au Sénat, pour statuer sur cette affaire.

Nan mais ! Parce que si les sénateurs se mettent à faire ce qu’ils veulent, où va la France ! Manquerait plus que les électeurs se trompent de bulletin en mars, et réclament un nouveau vote !

Franchement, le président ferait bien d’écouter Rachida Dati, qui, dans le clip UMP,« entend la révolte gronder ». Parce que les sénateurs, ils se rebellent pour de vrai. La preuve, la conférence des présidents a con-fir-mé la décision de la présidente de séance, et rejeté le texte sur le redécoupage électoral. Pour de vrai.

Et c’est parti pour un tour de manège navette… Le texte devra reprendre le processus parlementaire, en repassant par l’Assemblée, puis chez les petits drôles du Sénat.

D’ici là à ce que la rébellion se poursuive… On apprend en effet ce soir que la réforme des collectivités « est désapprouvée par la quasi-totalité » des sénateurs centristes, selon le député Jean-Léonce Dupont (Union centriste). Vu que l’UMP ne dispose plus que d’une majorité relative dans la Haute Chambre, les voix centristes vont valoir leur pesant de cacahuètes…

Et ça ne sera de toutes façons pas fini. Comme le fait très justement remarquer la (vilaine) Mme Gourault, centriste Modem, il n’est pas certain que cette réforme soit constitutionnelle. En effet, la réforme prévoit un conseiller territorial pour le département ET la région, or la constitution interdit la tutelle d’une collectivité sur une autre. Mais s’il n’y avait que cela ma bonne dame… Bref, il est fort probable que ce texte fasse l’objet d’un recours en constitutionnalité.

Hadopi, le retour ?

5 – La femme à barbe

Lorsque Eric Besson a lancé le débat sur l’identité nationale, on avait tous compris qu’il y avait en ligne de mire les régionales, et que donc, l’UMP était dans les starting-blocks pour pourchasser les électeurs du FN. Ce qu’on savait aussi, c’est que ça allait dégénérer très vite. Parce que prétendre que les gens peuvent tout se dire dans des réunions publiques en imaginant que ça ne va pas partir en live, c’est se positionner comme un ravi de la crèche, pas comme un politique.

Et ça n’a pas raté. On a eu le maire d’un village de 40 personnes, qui a crié à l’invasion, pour un peu il aurait appelé Charles Martel… Et puis hier, on a eu Nadine Mollah-No (copyright : Humourdedroite), qui s’est grave lâchée, en déclarant : « Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers ».

Et hop, un joli dérapage plein de jolis clichés, comme si seuls les jeunes musulmans portaient leur casquette à l’envers, ou étaient les seuls à parler verlan. Plus bas encore, Nadine, et tu trouveras du pétrole !

Evidemment madame nie ses propos et prétend qu’ils ont été sortis de leur contexte -l’excuse habituelle en cas de dérapage- alors l’arbitre demande la vidéo : magnéto, Serge !


C’est marrant, moi j’attends d’un ministre qu’il ne se permettent pas de dire de telles inepties, et qu’il passe plus de temps à travailler ces dossiers -et à combler ses lacunes, le cas échéant- plutôt qu’à se trémousser dans le clip des jeunes de son parti.

6 – Celle qui fait tourner les casseroles assiettes

Dans le cirque UMP, la star de la piste aux étoiles, c’est Rachida Dati. Rachida, elle a toujours le mot pour rire. Enfin sauf au Parlement Européen, où franchement, elle se fait biiiiip.

Enfin c’est ce qu’elle dit à ses copines… et à la France entière. Car pour que tout le monde en profite, elle oublie de retirer son micro. Une fois de plus : au cas où vous l’auriez oublié, ce n’est pas la première fois. Mais rassurez vous, c’est probablement une erreur humaine…

Pendant ce temps…

Alors que le Chef de l’Etat atteint péniblement les 34% d’opinions positives (enfin jusqu’à 39%, ça dépend si un autre institut met des talonnettes ou pas), son prédécesseur, Jacques Chirac, surfe sur une vague de popularité sans précédent, atteignant les 78%. Soit le double du meilleur score de l’actuel président. Ca laisse rêveur…