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Pasteur, Andreas arrive dans une banlieue danoise triste et austère, pour un remplacement. Il croise Jorgen Mortensen, un sympathique réceptionniste, inscrit à un cours d’italien.

Les autres élèves sont Olympia, une jeune femme maladroite et timide, sous l’emprise d’un père encombrant, Karen, une coiffeuse qui subit sa mère alcoolique, et Hal-Finn, le cuisinier italien arrogant.

Au commencement était le dogme…

Toutes ces personnes, fragilisées par leur personnalité ou leur condition sociale, vont se découvrir, s’aimer, se disputer, autour de leur rendez-vous hebdomadaire avec la langue italienne.

Certifié Dogme 95, Italian for beginners réconciliera les pros et les anti-dogme. Jusque là, le dogme se montrait extrêmement exigeant avec le spectateur, le poussant dans ses retranchements en le forçant à oublier les artifices du septième art. Ce courant avait en effet habitué les spectateurs à un flot d’expérimentations stylistiques, en prônant l’austérité technique pour revenir à l’essence même du cinéma.

Italian for beginners marque une nouvelle étape dans cette conception de l’image : le dogme s’efface enfin pour laisser place à l’alchimie cinématographique entre la technique et l’histoire. Si le film dispose de peu de décors, et d’une lumière naturelle, c’est autant pour servir l’austérité du cadre dans lequel évolue les personnages que pour les mettre en valeur, et souligner leur évolution familiale, amicale, amoureuse et sexuelle.

Ainsi le dogme, loin d’être la condition du film, ne fait que le servir, sans jamais l’altérer. Et laisse place à un film intimiste et pétillant, où les destins se croisent et se décroisent avec délice et simplicité. Naît ainsi une comédie romantique à la tonalité fortement humoristique, fraîche et revivifiante. Ours d’argent à Berlin, et primés dans de nombreux festivals, Italian for beginners mérite de séduire au-delà du cercle restreint des cinéphiles.

*Article rédigé pour Objectif Cinéma et publié à cette adresse