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Ce matin, je ne me sens pas très bien, et mon chéri a un peu de mal à me tirer du lit.

Je suis ronchon comme jamais, et je n’ai vraiment pas la pêche. Les câlins n’y font rien, je suis d’une mollesse à faire passer un chamallow pour une plaque de béton.

Ca ne plaît pas trop à mon hôte, qui s’inquiète un peu. Il faut dire que dès qu’il tend les bras vers moi, je m’y endors instantanément.

Du coup je m’installe à l’arrière de la Mini, pour avoir toute la banquette pour comater. Pour être plus précise, il m’installe. Car je n’ai pas bougé de ses bras. On est trop bien là dedans. L’arrivée au Boot Camp est rude : il veut que je marche. Hein ? Mais tu ne peux pas me porter ??? Je grogne… Je me prends deux fois les pieds dans… mes pieds, et là il se décide à faire un effort. Le plus curieux dans cette histoire, c’est qu’hier je ne suis pas sortie, et je n’ai absolument pas bu la moindre goutte d’alcool. Et on jurerait que j’ai la gueule de bois.

J’échoue sur le canapé de la salle de billard. Lugano, Sakho, Armand et Douchez décident de me prendre en main, m’attrapent, et me jettent sous la douche… glacée. Okay merci maintenant j’ai froid, les fringues collés à mes os, les têtons qui pointent, et vingt mecs qui mâtent. Mais c’est vrai que je suis réveillée.

Adieu ma tenue aussi… Bonjour le survêtement-qui-baille. Parce qu’il n’y a pas ma taille. Certes, on me donne la taille enfant prévue pour Galimeiro. Mais je suis encore plus petite et plus fine… Résultat contrairement aux garçons, il ne me moule pas du tout. C’est un survêtement baggy : trop large, et on voit mon shorty. Oui, j’ai aussi dû changer de culotte et dire adieu à mon string, qui se trouve maintenant à la buanderie au milieu des survêts des garçons. Pas sûr que je le retrouve un jour…

Emmitouflée dans ma doudoune, je sors avec les garçons. Je m’assieds sur la barrière et vlan, salto arrière, fesses en l’air. Manifestement, ça n’est pas mon jour. Je décide de rester par terre, parce que mathématiquement, je ne peux pas descendre plus bas. Ou alors ce sera un coup de René la taupe.

Et là, c’est le drame.  Bodmer se prend un blâme de Paul Clement pour m’avoir montré son cul. J’essaie d’expliquer à Paulo que c’est sa manière de dire bonjour, mais ça ne passe que dans le vestiaire. Sur le terrain, tout le monde doit être concentré. Pour avoir osé l’ouvrir, je suis condamnée à accompagner Joli Cul Bodmer dans ses tours de stade. C’est trop injuste… Et comme Simon nous accompagne, impossible de gruger.

C’est donc complètement morte que je m’échoue sur l’herbe tel un cachalot au pied des falaises d’Etretat. Où il faudra que j’emmène mon chéri un jour, cela dit en passant. Mais pour l’instant, je suis exsangue. En manque d’oxygène. Et franchement pas bien. Ca tourne, là dedans. C’est quoi tous ces points rouges ? Et pourquoi y’a un voile blanc devant Galimeiro ? Je sens que je m’envole.

Il fait tout noir maintenant, je ne vois plus rien, mais je reconnais bien ces mains là sur moi. L’ennui c’est qu’elles me mettent des claques et ça, c’est bien la première fois. Il me bat ! Je n’arrive toujours pas à respirer. Oh… Je connais bien cette bouche là aussi… Pourquoi il ne met pas la langue ?  M’enfin il me déshabille en public ! Et d’habitude il est plus délicat… Tiens, c’est le Doc ça. Il me fait froid avec son stéthoscope ! La bouche revient. Oh oui, encore…

J’ouvre enfin les yeux. Au dessus de moi, une dizaine de têtes un peu floues et j’ai la vague impression qu’elles ne me regardent pas dans les yeux. Je vois Ménez, Galimeiro, Joli Cul Bodmer, Gilles Bourges, Jallet… Je ne comprends pas. J’entends des voix qui me parlent, je pense à Jeanne d’Arc. Je ne distingue pas ce qu’elles me disent. Ca remue trop autour de moi. Je m’accroche aux bras que je connais, et puis plus rien.

Quand je me réveille, je suis à moitié à poil, et reliée à un truc qui ressemble vaguement à un monitoring. C’est là que je me rends compte qu’avoir vu les 15 saisons d’Urgences ne me sert à rien, je ne sais même pas ce qu’est cet appareil. Le doc fait une tronche bizarre.

Encore plus quand je vomis mon déjeuner sur ses pompes. Hum… Il se passe vraiment un truc là. A travers la vitre, je vois les garçons courir après la baballe. Je veux me lever, mais je retombe sur la table de kiné. Je suis groggy… Les garçons rentrent enfin au vestiaire. Sirigu se précipite vers moi, et je me love tout contre. Ca c’est cool…

Un type du staff tend un sac en papier au Doc, qui me le donne. Y’a des tests de grossesse là dedans. « Pisse dessus » me dit-il. Enceinte ? Je ne vois pas comment ça serait possible. Hum, à vrai dire, maintenant que j’y pense, je vois bien… C’est vrai qu’aucune méthode de précaution n’est fiable à 100%….

Avouez que ça ne serait vraiment pas de bol. Ca ne me déplairait pas forcément, mais ce serait tout de même un peu prématuré… Ca y est, je flippe. Je panique, même. Vu que je suis un peu chancelante, celui qui est maintenant suspecté de m’avoir planté la petite graine m’accompagne aux pipirooms. La dernière fois qu’il a fait ça… Bon ok, ça n’est pas le sujet. Enfin si, un peu. Bref.

Cinq minutes passent. Puis dix. Techniquement, il m’a forcément entendue pisser sur le machin. Enfin sur LES machins, vu qu’il y en avait trois dans le sachet. Ce qui a forcément du lui mettre le doute. Et en plus, la boîte dit qu’on a le résultat en deux minutes. Si c’était Ménez, j’aurais bien encore au moins ¼ d’heure devant moi. Mais j’ai chopé l’intello du groupe. Il sait lire, écrire… et aussi compter.

Ma sortie met fin au suspense, et je lui tend les preuves : les trois tests indiquent le signe moins. Ce qui signifie que je ne suis pas enceinte. Pfiou, le vent du boulet n’est pas passé loin… Et je m’effondre une nouvelle fois, dans ses bras. Quand on aime, on ne compte pas.

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