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© PSG Girl

Nouveau changement de programme, mais à l’avance cette fois. L’entraînement n’est plus prévu ce mercredi à 11h, mais 14h30. Et je peux vous dire qu’il y en a un qui m’attend au tournant.

Lassé de mes blagounettes à répétition, Hoarau a décidé de me faire payer. Cher. Très cher. Tellement cher qu’il sort la grosse artillerie : à peine arrivée, il me balance à plein tubes « Le rital », de Claude Barzotti.

LE morceau interdit. Le genre de tube de merde dont tu ne comprends même pas comment des gens ont pu l’inventer, puis d’autres l’acheter, et qui te reste gravé dans la tête pour la journée entière. C’est vraiment dégueulasse. La Guille, je te hais.

Arrivée très en avance, je squatte la salle de repos des joueurs. Pastore se fait un billard avec le staff pendant que je regarde le foot américain. Maxwell arrive. Je lui demande un café. Le pauvre, il ne va jamais sortir de cette vanne. Mais comme il est vraiment très gentil, il m’apporte vraiment un café.  Ou alors il a de l’humour. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la peine d’en rajouter…

Avant de sortir sur les terrains, tout le monde passe en salle de fitness. Certains pour se faire un peu les muscles : tests respiratoires d’effort, assouplissements, musculation… Sakho me montre ses muscles. Bodmer fait du développé-couché. « Comme toi » me dit-il. J’ai vaguement l’impression d’avoir une petite réputation. Aucune idée d’ailleurs de l’endroit où se trouve mon matériel de muscu perso.

D’autres joueurs se font poupouner par les kinés, comme Pastore et Douchez. J’ai beau chercher, toujours pas la moindre trace de Sirigu. Et pas question de checker le sauna ou la balnéo, ça pourrait partir en vrille. Gameiro m’entraîne dans une séance d’abdos. Pour aplatir mon ventre déjà plat ??? Hoarau repasse, en me fredonnant à nouveau Le Rital. Ma vengeance sera terrible…

Vers 14h30, les garçons mettent enfin le nez dehors. Il fait froid, mais ça n’a pas rebuté la presse –une cinquantaine de journalistes squatte la terrasse- ni les supporters, venus en très grand nombre. Alors que ces derniers sont en moyenne une cinquantaine lors des séances, ils sont aujourd’hui trois fois plus nombreux. Dont beaucoup de gamins, mercredi oblige.

Ca démarre comme d’habitude par des exercices d’assouplissements, sauts, slaloms et courses. Ils jouent même à une version remasterisée du célèbre chat, un joueur devant rattraper l’autre. Je propose à Ancelotti qu’on corse l’affaire en jouant à chat-bite. Makelele me répond que c’est déjà plus ou moins ce qu’ils font. Pas faux. C’est à mon tour. Je dois attraper Ménez. Jallet m’encourage : « Chasse le renard ! ». De la part de notre aéroport à mouches, c’est savoureux. J’ai toujours aimé Jallet. Mais ça, vous commencez à le savoir.

Contre toute attente, j’y parviens avec une technique bien particulière : j’accroche son survêtement, et je tire. Forcément, comme il continue de courir, il tombe en s’emmêlant dans son froc. Tout le monde éclate de rire. Ménez pleure. Dommage qu’on soit sur le terrain 2, les supporters auraient adoré. Je célèbre ma victoire comme un but : championne du monde !

Fini de jouer, on passe à la traditionnelle séance de travail des oppositions. En tenue, Makelele participe. C’est un peu le concept avec Carlito : tout le staff intervient, d’une manière ou d’une autre. C’est à la fois très sérieux et très soudé. Je constate mon influence au sein du club, au moins sur le type du matériel : aujourd’hui, les chasubles sont blancs. La fashion police le remercie.

J’ai plein de boulot. Ancelotti veut que je lui apprenne le français. Pour l’instant, il maîtrise parfaitement bien les phrases de un à deux mots, mais à partir de trois ça déraille. Côté jeu, Sakho déshabille Hoarau. J’applaudis en criant « A poil, à poil ! » mais Ancelotti me fait les gros yeux. Néné discute les recommandations du coach pendant que Bodmer lui fait des oreilles d’âne. Comme je suis très bon public pour les crétineries, ça me fait rire. D’un coup de genou, Bahebek tue le dos de Pastore, qui grimace. « Enculo » crie-je. Pas très classe, mais au moins c’est de l’italien. Bahebek pleure.

L’atelier suivant porte sur les tirs face au but, en reprise de volée ou après une passe. Ca va très vite. Les gardiens font une tournante : deux arrêts chacun et au suivant. Gros boulot de concentration et de vitesse pour tout le groupe. Je reste en retrait avec La Menace Chantôme, pour lui faire travailler un peu son vocabulaire. La séance se termine, tout le monde rentre au vestiaire rejoindre Blaise Matuidi, qui a fini son entraînement particulier… Enfin sauf les gardiens qui eux, continuent. Je les rejoins.

Maintenant que le public est parti et qu’on est à nouveau à huis clos, et sans Carlo, je peux déconner. Je me mets dans les cages. Sirigu me soulève pour m’accrocher à la transversale. L’occasion de lui apprendre comment faire le cochon pendu, comme quand j’étais petite, en chantant « un petit cochon pendu au plafond ». Et de constater que dès qu’on a des seins, c’est beaucoup moins drôle. Parce qu’ils se retrouvent à l’air, et que tout le monde puisse mâter plaît très moyennement à Sirigu. Qui me jette par-dessus la transversale en me disant : « Tu est prisonnière dans mon filet. » C’est pas faux…

Au début je trouve ça très sympa, je me sens un peu comme dans un hamac. Mais très vite, j’ai l’impression d’être à Bagdad : les garçons continuent de s’entraîner, et les tirs d’Areola pleuvent sur la cage. C’est fou ce que la balle arrive vite. Tellement que j’hurle à chaque tir, de peur de m’en prendre un en pleine face. Je me couche façon commando. Et pas question de m’accrocher à la transversale à cause des claquettes de Salvatore !

Ca s’arrête enfin, et je me rapproche de la barre, sans trop savoir comment aborder la descente. Sirigu se rapproche et me tend les bras. Ah, ça c’est un chemin que je connais bien. Mais ça ne m’empêche pas de me vautrer lamentablement, ce qui le déséquilibre, et on finit roulés dans l’herbe. Ma… è bene anche. 

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